Je n'ai pas appris dans les livres.
J'ai traversé. J'ai survécu. Je me suis relevée. Et c'est de cette traversée que je parle aux femmes que j'accompagne.
Quatre déclics. Une seule décision.
Voici les moments où j'ai cessé de me trahir.
01. LE DÉSHÉRITEMENT.
Quand j'ai découvert que mes parents avaient utilisé une SCI pour léguer leur maison à mon frère et à mes sœurs, en m'effaçant — froidement, juridiquement, définitivement — j'ai compris que mon "exclusion" n'avait jamais été un accident.
C'était une planification.
02. LE HAUT POTENTIEL.
À 50 ans, j'ai découvert que j'étais à très haut potentiel. Un QI de 148. Toute une enfance enfin éclairée par un mot que personne n'avait su me donner.
Ma mère, je l'ai compris alors, ne m'avait pas haïe par hasard.
Elle ne supporte pas ce que je suis car ça la renvoie à ce qu’elle ne sera jamais.
03. HADRIEN.
Quand mon fils Hugo m'a rapporté les phrases que mes parents avaient adressées à son petit frère Hadrien — quatre ans — j'ai entendu mot pour mot ce que j'avais entendu toute ma vie.
J'ai compris que ce n'était pas mes actes qui posaient problème. C'était ce que j'étais. Ce que mon enfant était.
La maltraitance ne s'arrête pas seule. Elle se transmet.
04. LE TEDX.
Quand j'ai été invitée à parler des "cases" au TEDx CentraleSupélec, j'ai accepté de raconter ma propre histoire plutôt que celle de mon fils handicapé que j'avais préparée.
Ce jour-là, j'ai dit à voix haute ce que je m'étais interdit de penser pendant quarante ans.
Et je me suis libérée.
Ce que je sais, je l'ai appris en l'incarnant.
J'ai cherché des réponses pendant trente-huit ans.
Depuis mes douze ans, j'ai consulté psychiatres, psychologues, psychanalystes, thérapeutes de toutes obédiences.
Soulagement ponctuel en crise, factures vertigineuses, et toujours la même sensation : on me parlait de mes blessures sans jamais me donner les outils pour en sortir.
Un jour, un psy a même convoqué mon père pour qu'il cesse de me battre au ceinturon. Je n'y suis jamais retournée.
J'ai alors construit ma propre méthode, en allant chercher ce qui marche vraiment : les neurosciences (van der Kolk, Doidge, Yehuda), la transmission transgénérationnelle (Boszormenyi-Nagy, Schützenberger, Abraham et Torok), les théories de l'attachement (Bowlby, Winnicott), la métacognition, la philosophie stoïcienne.
C'est de cette confluence qu'est né le Protocole DÉCLIC®.
Six étapes, conçues pour celles qui veulent autre chose que parler indéfiniment de leur enfance.
Pour celles qui veulent en sortir.
Je ne suis pas une thérapeute.
Je suis une mentor de combat.
Mon rôle n'est pas de te tenir la main pendant que tu pleures.
C'est de te souffler dans les ailes pour que tu décolles.
Ce qui me différencie des autres accompagnantes, psychogénéalogistes, coachs, thérapeutes, tient en une phrase.
Je ne parle pas de ce que j'ai lu.
Je parle de ce que j'ai traversé.
Les violences physiques, sexuelles, incestueuses, psychologiques.
Le sentiment d'être effacée par sa propre mère. La précarité, les achats compulsifs maternels qui laissaient des interdits bancaires en héritage.
La conviction intime, pendant quarante ans, qu'il y avait quelque chose de profondément faux en moi.
Je les ai traversées.
Je les ai nommées.
Je les ai dépassées.
Aujourd'hui, je n'ai plus aucun contact avec ma famille d'origine depuis sept ans. Non par colère, mais par cohérence.
Quand j'enseigne le Protocole DÉCLIC®, je n'enseigne pas une théorie.
J'enseigne une route que j'ai parcourue, sur laquelle je sais exactement où sont les pièges, les détours et les chemins qui mènent vraiment ailleurs.
Ce n'est pas du savoir. C'est de la matière.
C'est de la vie.
Je vis dans le Jura avec Jean-Yves, mon mari depuis 2023.
Lui éclaire les cathédrales — Strasbourg, Lausanne, le Palais des Papes à Avignon.
Moi, j'éclaire des trajectoires de femmes.
Je tiens mes deux fils. L'aîné, vingt-six ans, porteur d'un handicap, qui travaille en milieu ordinaire. Le cadet, onze ans, à très haut potentiel et hypersensible.
J'ai fêté mes cinquante ans en participant à l’Hyrox d'Amsterdam. Je me l’étais promis 2 ans après ma chirurgie bariatrique et ma perte de 63 kg.
Parce que ce que je n'avais pas le droit de faire enfant — courir, exister, prendre de la place, je le fais maintenant. Pour moi. Avec joie.
J'ai publié Briser l'emprise — Renaître après une mère toxique, élu meilleur livre de sa catégorie sur Amazon.
Trois autres livres sont en préparation : un roman, l'histoire du combat pour mon fils aîné, et un recueil de témoignages de femmes, celles qui, comme moi, ont décidé d'arrêter.
J'accompagne aujourd'hui des femmes en France, en Belgique, en Suisse. Mais aussi au Canada, en Australie, en Nouvelle-Calédonie, à Singapour.
Partout où une femme a décidé qu'elle ne voulait plus se trahir.
CE QUE JE TIENS.
— Et toi ?
Tu es prête ?
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, tu n'es plus à la phase "comprendre".
Tu es à la phase "agir".